ÝZMÝR

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Ýzmir,
qui est située au fond du long et étroit
Golfe d’Ýzmir, est la troisième
grande ville et le second port de Turquie.
Connue sous le nom de « Perle de l’ Egée
», Ýzmir est une agréable et vivante ville
moderne qui s’ élève en terraces sur les
pentes des montagnes environnantes. Ses
avenues sont larges et bordées de palmiers
tout comme l’est le long front de mer où
il est agréable de faire une promenade en
phaéton (calèche). Ýzmir est également un
important centre touristique, d’art et de
culture, de commerce et d’industrie. La
ville est réputée pour la douceur de son
climat en hiver et en été la chaleur est
tempérée par une constante brise de mer
rafraîchissante.
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D’après une légende, la ville aurait été fondée
par les Amazones* qui vinrent
guerroyer jusque sur les rivages égéens, et son
nom antique, Smyrna, est dérivé d’ une reine amazone
appelée « Smurna ».
Des fouilles ont révèlé que la plus ancienne occupation
à Ýzmir remonte au IIIe millénaire, de nos jours
à l’emplacement de Bayraklý. Dans l’antiquité,
la plaine de Bornova était recouverte par la mer,
et le tertre cité plus haut était une petite péninsule
dans la Baie d’Ýzmir. Les premiers habitants étaient
des natifs d’Asie Mineure, appelés Lélèges. Vers
1500 av. J.C., la ville subit l’influence de l’Empire
Hittite (deux bas-reliefs trouvés dans la
région confirment cette influence). Au XIe siècle
av. J.C., Smyrne devint une colonie
éolienne connue alors sous le nom de Smurna
écrit Smyrna par les anciens Grecs. La ville entra
en concurrence avec les colonies voisines, et
des Ioniens de Colophon
venus s’installer à Smyrme, finirent par en prendre
possession au début du VIIIe siècle av. J.C.,
et en faire la treizième cité de la Confédération
Ionienne. Cette période de prospérité prit
fin avec la conquête et la destruction de la ville
par le roi lydien
Alyatte III vers 600 av. J.C. Elle fut ensuite
conquise par les Perses
en 546. Alexandre
le Grand mit fin à leur souveraité en 333
av. J.C. et fit reconstruire une nouvelle ville
par Lysimaque
sur les pentes du Mont Pagos (Kadifekale). D’après
Pausanias, un jour, Alexandre le Grand
s’en alla chasser sur le Mont Pagos et s’endormit
sous un platane, devant le temple des Deux Némésis.
Les déesses lui apparurent en songe et lui dirent
de créer une nouvelle cité où s’installerait la
population de
l’ancienne cité. Comme le voulait la coutume,
l’oracle d’Apollon à Claros fut consulté et déclara
: « Trois et quatre fois heureux ceux qui vont
habiter Pagos au delà du Mélès sacré ».
La ville, devenue vassale du Royaume
de Pergame, fut incorporée dans l’Empire
Romain en 133 av. J.C., lorsque le roi Attale
III, à sa mort, légua son royaume à Rome.
Durant la période romaine, seule une petite partie
de la ville se trouvait sur le tertre, la plus
grande partie étant centrée autour du port en
terrain plat. Strabon, le célèbre historien, mentionne
que Smyrne était la plus jolie des villes ioniennes
de son temps et rivalisait avec Pergame et Ephèse
: ses rues étaient larges et pavées, et elle était
pourvue de beaux bâtiments. L’un d’ eux était
le Homereion. Les habitants de Smyrne avaient
une grande considération pour Homère.
Ils pensaient qu’il était né dans leur ville et
lui érigèrent un monument qu’ils appelèrent l’Homereion.
Toujours d’après Strabon, à l’intérieur, il y
avait un autel et une statue d’Homère sculptée
dans du bois. Des monnaies en argent et en bronze
frappées à Smyrne et portant l’effigie et le nom
du poète, ont été trouvées à Ýzmir, mais l’emplacement
du monument n’a pas été découvert. De cette période
brillante, rien n’a subsisté sauf l’agora,
qui est très bien préservée. Elle fut reconstruite
par Faustina, l’épouse de l’ Empereur Marc-Aurèle,
après le grand séisme de 178 ap. J.C..
| Monnaies
antiques de Smyrne |
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Amazone
coiffée d’ une tourelle portant sur l’épaule
un bipennis (hache à deux tranchants) –
IIe siècle ap. J.C. |
Alexandre
endormi sous un platane et Les deux Némésis
250 ap J.C. |
Homère
assis,
la main sous le menton
125 av. J.C. |
Au début de l’ère chrétienne, Smyrne joua un grand
rôle dans le développement du christianisme
et devint un évêché. Une des Sept
Eglises de l'Apocalypse" y fut fondée.
A partir de la période
Byzantine, au IVe siècle, l’envasement des
ports d’ Ephèse, Priène
et Milet profita à Smyrne
qui, elle, continua de prospérer. Au VIIe, la
ville souffrit des invasions arabes. Suite à la
Bataille de Manzikert en 1071, les Turcs
seldjoukides progressèrent jusqu’à la côte
de la Mer Egée et capturèrent Smyrne où ils établirent
un arsenal maritime. Les défaites subies par les
Byzantins aboutirent à l’intervention directe
des Occidentaux dans les affaires d’Orient, et,
au début de la Première
Croisade, Smyrne fut reprise par les Byzantins.
A la suite d’accords qui devaient favoriser la
reprise de Constantinople
qui était passée sous la domination des Latins,
les Byzantins firent de grandes concessions aux
Génois comprenant
le contrôle de Smyrne. Profitant des désordres
occasionnés par la mainmise des Génois sur la
ville, en 1310, le fort qu’ils avaient construit
tomba aux mains de Umur Bey, l’émir d’Aydýn. Comme
les Turcs avaient reconstruit les installations
portuaires et les chantiers maritimes en vue de
permettre des expéditions navales contre les îles
de la mer Egée, en 1344, l’endroit fut capturé
par les Chevaliers Francs de Rhode. Les chevaliers
le conservèrent jusqu’en 1402, date à laquelle
ils durent l’abandonner au mongol Tamerlan
qui, avant sa retraite en Iran, le redonna à l’émir
d’Aydýn. En 1415 Smyrne fut finallement prise
par Mehmet I Çelebi
et incorporée dans l’ Empire
Ottoman.
En dépit de deux tremblements de terre dévastateurs
en 1688 et 1778, Ýzmir demeura l’une des villes
les plus florissantes de l’Empire. Elle acquit
une nouvelle place prépondérante lorsque l'influence
commerciale européenne se développa sur la côte
avec la constitution d'une société levantine cosmopolite
et brillante composée de Français, d’Anglais,
de Hollandais et d’Italiens. La première usine
de textile y fut ouverte au XVIIIe siècle et la
première usine à papier au XIXe. Son port et l'introduction
des voies ferrées contribuèrent à une industrialisation
précoce. Au début du XXe siècle, Ýzmir était un
centre de commerce et une ville de loisirs rivalisant
avec les deux grandes villes ottomanes de l’Epoque
: Ýstanbul et Salonique.
Le 15 mai 1919, à la fin de la Première Guerre
Mondiale, Izmir fut occupée par la Grèce, et le
Traité de Sèvres (1920) lui donna la domination
de la ville et de sa région. Pendant la Guerre
d'Indépendance, le 9 septembre 1922, la ville
fut reprise par les forces armées turques, et
le Traité de Lausanne (24 juillet 1923) redonna
Izmir à la nouvelle République
Turque. La ville souffrit de cette période
de guerre et du plus grand incendie de son histoire
qui se déclara le 13 septembre 1922, mais elle
renaquit rapidement de ses cendres.
* Les Amazones sont une tribu
légendaire de femmes guerrières qui, selon les
anciens Grecs, vivaient en Asie Mineure sur la
côte nord-est de la Mer
Noire où elles créèrent un état belligérant.
Afin de pouvoir avoir une progéniture, elles avaient
des relations avec des hommes qui étaient leurs
voisins et leur envoyaient leurs rejetons mâles
lorsqu’elles ne les tuaient pas. Elles gardaient
les filles pour les élever en tant que futures
guerrières et leur brûlaient le sein droit pour
qu’elles ne fussent pas gênées lorsqu’elles tiraient
à l’arc au cours des batailles. De là vient le
nom d’ « Amazones » qui signifie « sans poitrine
». Menées par leur reine, elles se battaient auprès,
ou contre, les plus grands héros épiques. Elles
se seraient battues contre les Achéens durant
la Guerre de Troie, mais elles furent vaincues
et leur reine, Penthésilée, fut tuée par Achille
à l’extérieur de Troie.
A voir dans la ville:
Bayraklý: les fouilles menées
à Bayraklý ont révélé un bâtiment à une pièce
en brique crue datant du Xe siècle av. J.C., qui
est la maison la plus ancienne et la mieux préservée
de cette période. Le Temple
d’Athéna qui date de la fin du VIIe siècle av.
J.C., est la construction religieuse grecque la
plus ancienne d’Asie
Mineure.
La "Citadelle de Velours" (Kadifekale)
domine la ville du haut de l'ancien Mont Pagos.
Le panorama sur la ville et le Golfe d’ Izmir
est magnifique.
L’Agora, située à Ýkiçeþmelik,
est bien préservée. Cette agora
qui mesurait 120 m de long sur 80 m de large,
fut reconstruite par Faustina, l’Epouse de Marc-Aurèle,
après le grand séisme de 178. On peut voir son
portrait sur une arche de la colonnade ouest.
Les aqueducs de Þirinyer et Yeþildere,
deux exemples d’ingénieurerie romaine enjambant
la rivière Mélès, ont approvisionné Ýzmir en eau
tout au long des époques byzantine et ottomane.
L’Eglise de St Polycarpe est
la plus ancienne église d’Ýzmir. Elle fut dédiée
à St Polycarpe, un disciple de St
Jean, né en 70 qui devint le quatrième évêque
de Smyrne. Il consacra une grande partie de sa
vie à combatrre le gnostisme et tous les hérétiques.
En 155, il fut martyrisé dans le stade par les
Romains. Une chapelle dédiée au saint fut érigée
vers 1625 sous le règne de Soliman le Magnifique.
La Mosquée d’Hisar, construite
par Yakup Bey en 1592, se trouve à côté du Han
de Kýzlaraðasý. C’ est la plus ancienne, la plus
grande et la plus intéressante mosquée de la ville.
Kýzlaraðasý Haný, un han
construit en 1741 et restauré en 1993, est un
be exemple de l’architecture
ottomane du XVIIIe siècle. C’ est aujourd’
hui un agréable endroit pour le shopping.
Le Musée Archéologique, près
de la Place de Konak, renferme une superbe collection
d’antiquités comprenant les statues de Poséidon
et de Déméter, qui dans les temps anciens, décoraient
l’agora. (fermé le lundi)
Le Musée Ethnographique, situé
près du musée archéologique, renferme des objets
d’artisanat folklorique, une belle collection
de tapis de
Pergame et de Gördes, des costumes traditionnels...
Le Musée des Beaux Arts, situé
à Konak, renferme des tableaux de peintres
turcs.
Le Musée Ataturk est situé dans
la rue du même nom.
Le Musée d’Art Selçuk Yaþar est un musée
privé situé sur le Boulevard Cumhuriyet. Il renferme
une collection d’ art du XXe siècle.
Le Musée d’Histoire Naturelle,
situé à Bornova, présente l’environnement naturel
et la faune de la région égéenne.
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La
Tour de l'Horloge (Saat Kulesi),
le symbole d'Ýzmir, est située sur la Place
Konak à proximité des ruelles du Bazar de
Kemeraltý. Elle fut érigée en 1901 sur l'ordre
du sultan Abdülhamit
II, à l'occasion du 25 ème anniversaire
de son accession au trône. La tour, qui
mesure 25 m de haut, est construite en style
ottoman tardif élaboré. L'horloge fut offerte
par l'Empereur d'Allemagne Wilhem II (Guillaume
II).

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Le Bazar de Kemeraltý offre une
variété infinie d’articles
artisanaux, tapis, peaux et cuirs, bijoux,
vêtements et souvenirs, ainsi que les figues et
les raisins secs pour lesquels Ýzmir est réputée.
Havra Sokaðý, située dans le
quartier de Kemeraltý, est une rue particulièrement
intéressante pour ses vieux bâtiments et synagogues
(« havra » dérive du mot hébreu « hebhrah » qui
signifie synagogue).
Asansör
(l’Ascenseur), situé à Karataþ, fut construit
par Nissim Levy en 1907. Il permet l’accès entre
la rue basse et la rue haute, cette dernière se
trouvant 51 m plus haut. Là est aménagée une promenade
dotée d’un restaurant et d’un café panoramiques
avec une vue imprenable sur le Golfe d’Izmir.
Dario
Moreno Sokaðý, la rue qui porte le nom
du célèbre chanteur levantin Dario Moreno (il
est né à Izmir), est située près de la Place Konak.
Pasaport
(le mot turc pour passeport) est le nom des docks
et de la jetée situés entre les Places Konak et
Cumhuriyet. Les bâtiments des docks furent construits
dans le style « Renaissance » turc. Les anciens
cafés où l’on fumait le narghilé
et qui servaient thé
et café turc, sont
progressivement remplacés par des pubs et des
cafés modernes.
Karþýyaka,
qui signifie la « rive opposée », est un agréable
quartier de la rive nord d’Izmir. Karþýyaka est
l’antique Cordelia.
Kültürpark,
le plus important parc d’Izmir, offre de nombreuses
activités. C’ est içi qu’a lieu la Foire Internationale
d’Izmir. On y trouve un parc d’attraction, un
zoo, des restaurants et des jardins. Le Parc Adnan
Saygun, Insan Haklari Parký (le Parc de Droits
de l’Homme) avec ses statues modernes comprenant
l’imposant Monument des Dauphins, le Parc de Muammer
Aksoy, sont d’autres parcs de la ville.
A Balçova,
se trouve la plus grande station thermale
de Turquie.
Le
Paradis des Oiseaux d’Ýzmir
est situé à Çamaltý, à 15 km au nord de Karþýyaka.
Cette zone préservée abrite de nombreuses espèces
comme les flamants et les pélicans.
La
spécialité culinaire d’Ýzmir est le « Ýzmir köfte”
(boulettes de viande), cependant les plats composés
d’ herbes de toutes sortes tiennent une place
privilégiée dans la cuisine
égéenne. Lorsqu’arrive le printemps, les marchés
regorgent de légumes verts, la plupart étant des
variétés sauvages locales cueillies dans les champs
et dans les montagnes alentour tel que le radika,
turpotu, hardalotu et bien d’autres encore. Les
feuilles sont tout justes blanchies et servies
avec un filet d’huile d’olive et citron. Ces spécialités
sont servies dans de nombreux restaurants et particulièrement
dans le quartier très coloré de Kemeraltý et à
Kordonbuyu où se trouvent également des restaurants
de poissons qui proposent de délicieux poissons
dont la daurade locale (çipura).
Le Festival International
d'Ýzmir a lieu chaque année en juillet (des représentations
sont données dans divers endroits de la ville
et dans les alentours, incluant le théâtre
d’ Ephèse), et la Foire Internationale d'Izmir
en septembre.
Izmir
est dotée d’un aéroport de lignes domestiques
et internationales. Des Ferries relient Ýzmir
à Venise en Italie.
Les
agréables stations balnéaires et leurs belles
plages au pavillon bleu situées autour d'izmir
et en particulier à l'ouest dans la Péninsule
de Çeþme, attirent énormément de touristes dans
la région.